15/04/2010

3 Sémantique

3 SEMANTIQUE

 

De nombreux phénomènes grammaticaux sont étudiés par la sémantique.

 

Le wallon, pauvre en vocabulaire abstrait, est riche en vocabulaire concret. Cela ne l'empêche pas d' exprimer ce qu'il veut avec précision . Comme la langue est utilisée comme moyen de communication - nous déterminons ici sa fonction sociale -, mieux vaut user d'une circonlocution claire que d'un mot incompris ou sybillin pour faciliter la compréhension du message . Le français est d'ailleurs aussi pauvre en vocabulaire abstrait .

Quel Wallon (ou Français) qui n' a pas appris le latin et le grec voit le rapport entre « jour » et « quotidien » ou « diurne », « mois » et « mensuel » ou « trimestre », « poumon » et « pulmonaire » ou « pneumonie », « sommeil » et « hypnogène », « ville » et « urbain » ou « politique » ? Chacun de ces mots doit être appris séparément, et le rapport, à supposer qu’il s'établisse, s’oublie facilement, parce qu' il n'apparaît que par le truchement d'une autre langue, à moins qu'on ne fasse des études gréco-latines, et encore .

Il est cependant possible de rendre ces différents mots en n'usant que d'une racine. Le néerlandais résout le problème avec ses propres moyens, en fabriquant des composés avec les noms « dag- , week-, hart-, stad-, ... » , dans lequel le nom, prenant la première place du nom composé, acquiert une valeur adjective . C'est aussi le cas de l'allemand, du frison et des langues scandinaves, du finnois, du tchèque .

Ceci dit, le vocabulaire wallon est en majorité d'origine latine (le wallon est une langue romane), mais nous avons emprunté 15 à 20 % de notre vocabulaire aux langues germaniques proches; il reste les mots typiquement wallons et quelques emprunts à d'autres langues . Parmi les mots d'origine latine, certains sont les mêmes que les mots français correspondants (« mostrer » : montrer) mais d' autres proviennent d'un mot latin différent (« moude » - L. mulgere ; traire - L. trahere). 

Beaucoup de termes wallons sont intraduisibles en français, si ce n' est par une circonlocution : 

ex. : (F) Il neige .    (W) I nîve . Et aussi avec des nuances: I payetéye . I nivetéye . I

                                       flotchetéye .  I nivelotéye .  I mîyetéye.

              bouillir              boûre ; riboûre (rebouillir (?)) ; caboûre - ?; racaboûre - ?

De même : (W) brotchî – (F) ? (faire éruption), …

 

Jusqu’à présent, 49 différences sémantiques ont été observées entre le wallon et le français.

21:37 Écrit par justitia & veritas dans education | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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