15/04/2010

Différences 278-289

Différence 278

Le wallon fait un rejet de l’infinitif après un pronom personnel complément ou un adverbe.

ex. : (W) Lî qwè dîre?  Qui s’ fi èsteûve mwârt?  (F) Que lui dire ? Que son fils était mort ?

        

(CW) « Quand m’ matante n’ a pus stî, dj’ ènn’ a pus jamaîs ralè vêlà: î qwè fé? » (Laloux,1969,84)

Quand ma tante fut morte, je n’y suis plus jamais retourné : qu’y faire ?

 

Différence 279

Une interrogative commence normalement par un mot interrogatif, suivi de « est-ce? », le plus souvent réduit à « -ce ».

ex. : (W) « Èt qwè, comint-ce qui ça va? » (in : Novèles 5, p.19)

(F)    Et quoi, comment ça va ?

 

Après un mot interrogatif, on ne peut avoir une inversion, comme en français.

ex. : (F) Quand est-il venu ?                              (W) Quand-ce qu’il a v’nu ?,

ni une inversion seconde, comme en français :

ex. :  (F) Pour quoi mon frère a-t-il fait  cela ? (W) Duvint-ce qui m’ fré a faît ça ?

 

 (OW)  (15 ans - ovrî) – « Èyu-ce qu’ on lave sès mwins ? quèstione èl galopin. »

- « Qwè-ce qui vos d’mandèz là ? » (Mathy,1958,33-38)

(F) - Où se lave-t-on les mains ?, demande le galopin.

- Que me demandes-tu là ?

« Quô ç' què dji va dèv'ni? » (p.6, in : Robette Anthine, El marichau, EM 1/83, p.4-7)

Que vais-je devenir ?

(SW) « Avu qwa-ce quu tu vikes ? » (Culot Calixte, Les Paukes du Zîré, AL)

Avec quoi vis-tu ?

 

Différence 280

Le wallon remplace une inversion par « gn-a  … qui ».

ex. (F)  « Dans le fouillis, le plus profond des roseaux se jouent des reflets. » (Firmin Van den

            Bosch)

     (W) Dins l’ pus fond ècomèladje dès djoncs, gn-a dès r’flèts qu’ djoûwenut.

 

 

4.9.2 Proposition subordonnée

 

4.9.2.1 Proposition subordonnée

Rattachée à une principale, avec le verbe conjugué.

 

Différence 281

A peine … que se traduit en wallon par ni … nin co … qui.

ex. :

(OW) « I n’ a nén co drouvi come i faut sès deûs-îs / Qu’ i lyi chène qu’ il a d’djà tout compris. » (Meurée,1995,67)

(F) A peine a-t-il ouvert les yeux comme il faut, qu’il lui semble avoir déjà tout compris.

 

Différence 282

Le wallon a des conditionnelles sans conjonction et sans inversion et la principale peut être au présent de l’indicatif.

Son verbe est au conditionnel, le verbe de la principale qui suit est aussi au conditionnel et cette principale peut être amenée par « qui ».

 

ex. : (W) Dji sèreûve di vos, dj’ îreûve.                (F) Si j’étais à votre place, j’irais.

               I sèreûve à m’ place, il è profitereûve.         S’il était à ma place, il en profiterait.

               I ploûreûve, dji n’ èva nin.                           S’il pleuvait, je ne partirais pas.

 

(W) Dji sèreûve prèt’ à moru qu’ djè l’ crîyereûve co.  

(F)  Quand bien même je serais sur le point de mourir, je le crierais encore.

 

(CW) « O! Dîrè-t-i l’ nawe, dji m’ lèvereu d’vant l’ djoû, c’ èst nin po ça qu’ i vêreut pus rade. » (A. Laloux, in: CW 10/1971, p.174)

(F) Oh, dirait le paresseux, si je me lèvais avant le jour, il ne viendrait pas plus vite pour la cause.

 

Différence 283

Le wallon ne connaît ordinairement pas la tournure française: conditionnelle sans conjonction avec inversion.

ex. : (F) Voulait-il un gâteau, on le lui préparait.  (W) S’ i v’leûve on wastia, on lî aprèsteûve.

              N’était cette habitude, ...                                 S’ i gn-aureûve nin ç’t-abutude-là …

 

(F) « N’ eût été sa toilette verte, on l’eut pris pour un magistrat. » (A. France)

(W) S’ i gn-aureûve nin s’ vète twèlète, on l’ aureûve pris po on majustrat.

 

(F)  N’était la mère qui nous attend, ... (cf Le Bidois,T2,1971,32)

(W) Si gn-aureûve nin l’ man qu’ nos ratind, …

           

Différence 284

La locution française « même si » ne se traduit pas nécessairement dans la subordonnée, mais alors, la proposition qui suit commence par « qui » (+ « quand min.me »), les verbes sont au conditionnel.

ex. : (W) On l’aureûve ieû prévenu qu’ i s’ aureûve quand min.me ieû mârié.

        (F)  Même si on l’avait prévenu, il se serait marié.

 

(W) On m’ l’ aureûve ieû dit qu’ dji n’ l’ aureûve nin ieû crwèyu.

(F) Même si on me l’avait dit, je ne l’aurais pas cru.

 

(EW) « Dji voreû min.me fé ‘ne ahote qui dji n’ såreû ... » (in: BSLLW, 69, p.55)

(F)  Même si je voulais suspendre le travail, je ne le pourrais…

 

Différence 285

Cependant, la locution française « même si » peut aussi se rendre en wallon par une inversion avec une forme verbale au conditionnel.

ex. : 

(CW) « One djoûrnéye qu’ i n’ rovîrè jamaîs, vikereut-i pus vî qu’ lès rouwales. » (Laloux,1969,137)

(F) Une journée qu’il n’oubliera pas, même s’il vivait plus vieux que les ruelles.

 

Différence 286

La conjonction « si » peut aussi s’omettre devant le sujet « ci », mais la principale est introduite par « qui ».

ex. :

(CW) « Ç’aureut stî on singlè qu’ èlles n’aurint nin faît pés. » (Houziaux, s.d.,27)

(F) S’il s’était agi d’un sanglier, elles n’auraient pas agi plus mal.

 

Différence 287

On rencontre en wallon une combinaison préposition « dispôy » (ou « dispûs ») (depuis) + participe présent + complément pour traduire le français « depuis que + SVO ».

ex. :

(SW) « Su p'tit baston d' mauvelète qu' il avot dudpwîs èstant tot p'tit pour li rawier quand i pèrçot dès dints. » (Louline Vôye, Marîye à l' trique, AL)

(F) Son petit bâton de guimauve qu’il avait depuis qu’il était petit pour mordre quand des dents perçaient.

 

 

4.9.2.2. Proposition subordonnée relative

 

Différence 288

Les propositions relatives entrelacées sont de deux espèces suivant que la seconde est une substantive ou une relative. En français, la première catégorie est fréquente; la seconde est  rare. En wallon, toutes deux sont courantes.

ex. : 1 « tot çou quu dj' saveû qu' on v'léve fé » (tout ce que je savais de ce qu’on

           voulait faire) ; « dès poumes, qu' i-gn-a longtins qu' èles sont toumées » (des pommes

           qui sont tombées il y a longtemps); « çou qu' i fât qu' i seûye fêt » (ce qui doit être fini);

        2 « l' ome, lu fème quu n' vèyins qui nos loukéve » (l’homme, la femme dont nous

           voyions qu’elle nous regardait); « lu djuni qu' on n’ pinséve nin qui vêlereût » (la

           génisse dont on ne pensait pas qu’elle vêlerait). (EW) (Remacle,1937,71)

 

Différence 289

La proposition relative est utilisée comme attribut avec « èsse » et les verbes de perception.

Cette combinaison correspond au français « en train de » + infinitif.

Le wallon emploie la conjonction « qui » + le sujet du verbe « être » répété sous la forme d’un pronom.[1] 

 

ex. : (W) On-z-èsteûve qu’ on coudeûve aus rin.nes-glaudes quand l’ oradje a v’nu.

        (F)  On était en train de cueillir les reines-claudes quand arriva l’orage.

 

(SW) « Tîbaud astot qu' i djouwot bin paujîremint dins in racwin. » (Louline Vôye, Marîye à l' trique, AL)

Thibaud était en train de jouer bien calmement dans un recoin.



[1] Autres exemples : « Colas qu' èst là qui louke èt qui n’ veût nouk » (phrase cacophonique) (Nicolas qui est là en train de regarder et qui ne voit personne), « on l' oyéve qui bwêkléve » (on l’entendait crier); « èlle èsteût là qui mètéve su bwée à l’ sorèye » (elle mettait là son linge sur le pré), « il èst qui plouketèye dès frambâhes là drî » (il est en train de cueillir des myrtilles là derrière), « il èst qui pleûre toudi tot costé » (il est toujours et partout en train de pleurer). (EW) (Remacle,1937,70).

 

21:25 Écrit par justitia & veritas dans education | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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