15/04/2010

Différences 38-62

 

Différence 38

L’ adjectif qualificatif ne commence pas une proposition sauf s'il est suivi de la conjonction « qui ».

ex. (F) « Vides, elles l'étaient aussi, les poches et les mains de qui me venaient pourtant toutes

            grâces et toutes libéralités ». (Collette)

     (NL) Leeg waren ook de zakken en de handen van wie mij nochtans alle gunsten en giften

             kwamen.

     (W) Wîdes qu’ èlle èstin.n èto, lès potches èt lès mwins do cia qu' tos lès plaîjis èt lès

            cadaus mi v'nin.n.

 

     (F)    Furieux, le paysan partit.

     (NL) Woedend ging de boer weg.

(W)      Mwaîs qu’ i ‘nn’ a ‘nn’ alé, l’ cinsî !

 

    (F)    J’ai eu (très) chaud !

    (W)  Sèré qu’ dj'a stî ! 

 

     (F) « Grande fut ma stupéfaction quand je le vis », devient en wallon : « Dj’ a stî tot    

            saîsi quand dj’ l’ a vèyu. »

 

(EW) « Si contin.ne qu’ èlle èst, si contin.ne di s’ novèle plèce ... » (Maquet,1987,143)

Elle est si contente, si contente de son nouvel emploi…

« Disqu' à sès treûs-ans, Marc fourit poûri gåté ... Poûri gåté qui ç' n' èst nin possibe! » (Thomsin Paul-Henri, Li pus vî, Vlan, 23/5/89)

Jusqu’à l’âge de trois ans, Marc fut fort gâté. … Gâté à un point tel que cela devient inadmissible !

« Et probåbe qu’ il a ‘ne plate nasse ... » (Maquet,1987,160)

Et il a probablement une nasse plate.

« Et nåhi qu' dj' èsteûs! » (Grafé,1987,43)

Et j’étais si fatigué !

 

Différence 39

Il existe une tournure dans laquelle l'adjectif épithète commence la proposition : devant l'article indéfini suivi d' un nom.

ex.

(CW) « Mwaîs, on-ome. » (Laloux,1974,64)

(F) Un homme fâché.

« Bin binauje, on-ome, sobayî, l' Oscar-Antwane, quand il a stî vîy assez po fé on mwârt; ... » (A.Laloux, Lès Soçons, p.13)

Je me demande si cet homme, Oscar-Antoine, fut bien content quand il fut assez vieux pour faire un mort.

« ...; fiér, on-ome, do fè di s' yan' avou s' bèle camusole: ... » (ibid., p.19)

Un homme fier pour faire le crâne avec son beau veston.

(EW) « Toûrmèté l’ ome, målureûs, vos n’ avez co måy vèyou çoula. (Maquet,1987,65)

L’homme était tellement tourmenté, vous n’aviez jamais vu cela.

 

Différence 40

Après l' expression « awè l’aîr » (EW : aveûr l’ êr) , l'adjectif attribut s'accorde toujours avec le sujet.

ex. :

(W) Il a l' aîr malin. 

(F) Il a l’ air intelligent.

Èlle a l’ aîr maline.

Elle a l'air intelligente / Elle a l'air intelligent.

 

Différence 41

L’adjectif « nu » ne se rencontre jamais devant un nom, comme en français « nu-bras », « nu-jambes », « nu-pieds », « nu-tête ».

On dit : « avou sès brès tot nus », « avou sès djambes totes neuwes », « à pîds d’tchaus », « à tièsse neuwe ».

 

Différence 42

Relativisation par répétition: généralement, on ne répète que la première syllabe.

ex. :  (W) Il èsteûve grand? - Bin, grangrand, là!    

         (F) Il était grand ?       - Eh bien, plus ou moins grand ! (ou pas si grand que ça.)

 

         (W) Elle èst mwinre.  - Mwinmwinre, là!

         (F) Elle est maigre.     - Pas si maigre !

 

         (W) Dj’ a ieû one pitite chike. - P’tip’tite!

         (F) J’ai eu une petite cuite.    - Pas si petite !

 

cf 3.1.7  Renforcement par répétition.

 

 

4.2.2 L’adjectif démonstratif

 

Différence 43

Contrairement au français, l’adjectif démonstratif ne s'emploie pas devant « matin, midi, après-midi, soir » du jour même.

ex. :   (F) ce matin                    - (W) odjoûrdu au matin 

                ce midi                                _ à 12 eûres / _ à non.ne     

                cet après-midi                     _ d’ l’après-non.ne = _ d’ l’ après-l’ din.ner

                cette nuit                             _ au nût / à l’ nêt.

 

 

4.2.3 L’adjectif possessif

 

Différence 44

Devant des termes désignant les parties du corps humain, le wallon emploie généralement le  possessif où le français met l'article. En français, l’usage est flottant .[1]

ex. :

(CW) « Dj’ a mau mès pîds. » (Bacq Andrée, D’ ayîr èt d’odjoûrdu, p.l7)

(F) J’ai mal aux pieds.

« One vîye tchawète, qui stitche todi s' nez èwou-ce qu' on tchin n’ mètreut nin s' queuwe. » (A. Laloux, Lès Soçons, p. 12)

Une vieille bavarde impénitente, qui fourre toujours le nez où un chien ne mettrait jamais la queue.

(OW) « Is d’mèrît là, lès deûs vîs gamins, avou leûs crombès djambes èt leûs spales di pwârteûs au satch. (Fauconnier, 1993,76)

Ils restaient là, les deux vieux garçons, les jambes tortues et les épaules de portefaix.

« Nos d’véns rintrer d’zous têre èt nos michî avè nos mwins su nos-orèyes. » (Arcq Robert, Lès coqs, p.17, W+ L)

Nous devions rentrer sous terre et nous cacher les mains sur les oreilles.

(SW) « Quand dj’ é ayu fini d’ sèmer, dj’ avo mâ mès brès. » (Schmitz Arthur, Li prèmî côp qui dj’ é sèmé, AL)

Quand j’eus fini de semer, j’avais mal aux bras.

« Avu sès lunètes su s’ nez, (...) gn-avét d’ qwa à-z-èsse subarè. » (Mouzon Gabrielle, Î toûr chez l’ marchau, AL)

Avec les lunettes sur le nez, il y avait de quoi être surpris.

 

Différence 45

Le français renforce l' adjectif possessif par « à moi », « à toi », etc.. Le wallon ne connaît pas ce renforcement.

 

Différence 46

On peut avoir un pronom personnel + un nombre comme attribut.

En centre-wallon et en est-wallon, à La Gleize notamment, devant les noms de nombre, dans les locutions traduisant  « eux deux, eux trois, ... », on emploie l'adjectif « leûs », leurs :  « Il èstint leûs deûs', leûs dîh » (ils étaient deux, dix).(EW)  (Remacle,1937,45)

ex. :

(CW) « Li prumêre nêt qu’ il a passè su l’tauve, il èstin.n bin zèls doze po wèyî. » (Laloux,1969,114)

(F) La première nuit après son opération, ils étaient bien douze pour veiller.

(EW) « Portant, il èstît leû bråmint là-d’vins, treûs ou qwate mèyes di feumes èt d’ omes qui n’ savît nin trop’ çou qu’ advinreût d’ zèls. » (Houbart-Houge Jeanne, Ine amoûr, p.113-114, in: W+ L)

Pourtant, ils étaient beaucoup là-dedans, trois ou quatre mille femmes et hommes qui ne savaient pas ce qu’il adviendrait d’eux.

« Lès cis qu’ avint magné lès pans èstint leûs cink mèyes. » (Lecomte,2001,18)

Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille.

 

cf Différence 94-95.

 

Différence 47

En wallon, on trouve parfois un adjectif possessif devant un superlatif précédé de « tos ».

ex. :

(CW) « Li Gusse (…) si bouteut à tchûlè d’ sès pus fwârt … » (Houziaux,1964,41)

(F) Auguste se mit à pleurer le plus fort qu’il ouvait.

(EW) « Guiyame si c’tape tot gueûyant d’ tos sès pus fwérts. » (Maquet,1987,92)

Guiyame se débat criant le plus fort qu’il peut.

 

 

4.2.4 L’adjectif numéral

 

4.2.4.1 L’adjectif numéral cardinal

 

Différence 48

Après l’adjectif numéral, on peut avoir la préposition « di », parfois élidée en « d’ » devant un nom.

ex. :

(EW)  « Portant, il èstît leû bråmint là-d’vins, treûs ou qwate mèyes di feumes èt d’ omes qui n’ savît nin trop’ çou qu’ advinreût d’ zèls. » (Houbart-Houge Jeanne, Ine amoûr, p.113-114, in: W+ L)

(F) Pourtant, ils étaient beaucoup là-dedans, trois ou quatre mille femmes et hommes qui ne savaient pas trop ce qu’il adviendrait d’eux.

(OW) « Èle d' è stind yeune di mawe! » (Coppens Joseph, Dictionnaire Aclot, p.19)

Elle tire une (fameuse)gu… ! 

 

Différence 49

Le wallon emploie « one » sans que jamais le nom remplacé soit cité.

ex. : (W) On ‘nn a one (boune).      (F) On a un (gros) ennui.

               Il è tchaufe one.                      Il fait chaud comme pour annoncer de l’orage.

 

Différence 50

Le français « des centaines de fois », « des milliers de fois » peut se traduire en wallon par « dès cints côps », « dès miles côps ».

ex. :

(CW) « Il avot tchaî dès miles côps dins lès fossés plins d' ronches. » (Dewelle André, One istwêre dë sôrcîres, NB, 18, s.d.)

(F) Il était tombé des milliers de fois dans les fossés pleins de ronces.

 

cf aussi : Différence 95 : « Nos-èstin.n à quate, … ».

 

 

4.2.4.2 L’adjectif numéral ordinal

 

Différence 51

L’adjectif numéral ordinal ne peut accompagner, comme en français, le pronom « lui ».

ex. : 

(F) « On le ramassa sous les balles, lui troisième, à l’assaut d’un village. » (P. Margueritte, Simple Histoire, p.297)

(W) On l’ a ramassé pa-d’zos lès bales, li ( = français « le ») trwèzyin.me, … 

 

 

4.3 Le nom

 

Différence 52

Le complément direct nominal ne suit pas toujours le verbe en wallon.

Comme en français, on rencontre par ex. : « Il a vindou s' manèdje » (il a vendu sa maison) (mais « i l' a vindou » (il l’a vendu)). Lorsqu'il le précède, il est répété sous forme de pronom : « su manèdje, i l'a vindou » (sa maison, il l’a vendue). Toutefois cette répétition n'a pas toujours lieu malgré l'inversion.

Mais on entend fréquemment des phrases de ce type : « one bièsse parèye, dju n'a mây vèyou » (une pareille bête, je n‘en ai jamais vue). Dans quelques expressions figées, le complément est intercalé entre l'auxiliaire et le participe passé : « il a l' diâle vèyou po fé insi » (il a eu beaucoup de problèmes pour agir de la sorte); « i n' sét nin treûs' compter » (il ne sait pas compter jusqu'à trois, c'est un ignorant) ; « il ont stou do bon Diu sègnis » (ils ont été signés, bénis du bon Dieu). (EW) (Remacle,1937,63)

 

Différence 53

L’ordre des noms dans une expression n’est pas toujours le même qu’en français.

ex. : (W) dès pîds j’ qu’ à l’ tièsse  (F) de la tête aux pieds

               nût’ èt djoû                             jour et nuit

 

(CW) « I djèmicheut nêt-èt-djoû. » (Houziaux,1964,30)

Il gémissait jour et nuit.

(OW) « Vous, Margot, nut èt djoû, vos

n’ avèz qu’ à l’ dèsfinde. » (Renard,1890,45)

Vous, Margot, jour et nuit, vous n’avez qu’à le défendre.

 

Différence 54

Le complément déterminatif n’est pas toujours amené par une préposition. 

Des combinaisons comme « li fèye Piêre » avec comme déterminant un prénom s’emploient dans le Centre et la région de Nivelles (ouest-wallon), et on les retrouve dans les noms propres au wallon comme « li vôye Sint-Djâke » (la voie lactée), « l’èvanjîle Sint-Djan, Sint-Luc, ... », « on-êr-Diè » (*arc-Dieu, arc-en-ciel), « clé-Diè » (*clé-Dieu, primevère).

 

 

4.4 Le pronom

 

4.4.1 Pronom personnel

 

Différence 55

Les pronoms personnels compléments d' objet se placent toujours entre le sujet et la forme conjuguée du verbe.

ex. :

(F)     Je te le dis.

( sujet + COI + COD + verbe conjugué)

(W)    Dji tè l’ di.

même succession

 

 

(F)   Je vais te le dire.             

(sujet + V. conjugué + COI + COD + inf.

(W)  Dji (m' ) tè l’ va dîre.

        I n' mè l' vout nin dîre.

(sujet (+ pronom de participation)+ COI + COD + verbe conjugué + infinitif)

 

Autres exemples:

(CW) « ... po côpè au coût il a moussî si fond dins one concîre qu’ il a pinsè n’ si sèpe rawè foû. » (Houziaux,1964,26)

(F) Pour prendre un raccourci, il s’est enfoncé si profondément dans une congère qu’il a pensé ne pas pouvoir en sortir.

« Est-ce qui t’ conès Alfonse d’ èmon l’ tchaurlî? / - (…) Bin non. (…) / - E bin dji m’ tè l’ va dîre. » (Henin André, Li coûrs d’ istwâre, VA, 1999)

Connais-tu Alphonse (…) ? / Eh bien non. / Eh bien je vais te le dire.

« Lès faut-i mostrer ... ? » (A. Bacq, D’ayîr èt d’odjoûrdu, p.5)

Faut-il les montrer ?

(EW) « ... i l' aveût d'vou rèpiter deûs fèyes … » (Sougnez,1985,9)

Il vait dû les envoyer à coups de pied deux fois ..

« Dju v'zu l' vinrè dîre. » ; « i mu l' vôve vini dîre. » (Remacle, 1937,64)

Je viendrai vous le dire ; il voulait venir me le dire.

« I l’ fåt rik’nohe, i balzinêye so totes lès cohes ...  (...) I l’ fåreût louker plin d’èhowe.  (... ) » (Meurisse,1984)

Il faut bien l’admettre, il vagabonde sur toutes les branches. Il faudrait le regarder plein d’énergie.

(OW) « Més çoulà, djè nè l’ saureû fé qu’en walon, pace què ça vint dou fond dè m’ keûr. » (Willy Bal, in : Gaziaux,1987,7)

Mais cela, je ne l’aurais fait qu’en wallon, parce que cela vient du fond du cœur.

« (...) d’ssur lèye, o bâtit, o l’ put dîre, in

vilâdje. » (Renard,1890,56)

Sur elle, on construit, on peut le dire, un village.

(SW) « Âh ! Is m’ ont vlou fé passè po l’ rizêye dès djins ! » (Dedoyard,1993,13)

Ah, Ils ont voulu me faire ridiculiser par les gens !

« Du crère à ç’ fâs prétcheû /-là/, on l’ pout dîre, dj’ ê stî bièsse. » (Ninah l’ Ardennaise, Lu grand pârtèdje, in: Francard, 1982)

On peut le dire, j’ai été bête de croire ce faux prédicateur.

« On l’ va wâde po nos-ôtes, on va mostri à l’ Ârdène qu’ on l’ ême bin. » (Lhote J.-M., L’ Ârdène, AL)

On va la garder pour nous, on va montrer à l’Ardenne qu’on l’aime bien.

 

Différence 56

De même, « è » (en) et « î » se placent avant l’auxiliaire et le verbe principal.

ex. :

(EW) « Seûlemint, l’ baletrèye, (...), on n’ s’ î pout an’ner qu’ avou lès djins, ... » (Maquet, 1987,41)

(F) Seulement, les plaisanteries, on ne peut s’y adonner qu’avec les gens…

 

Différence 57

Dans une infinitive négative introduite par « po », les pronoms personnels compléments se placent entre les deux éléments de la négation.

ex. : « po nè l’ nin dîre » (pour ne pas le dire); « po n’ lî nin rinde » (pour ne pas lui rendre)

 

(CW) « Tot qu’ èstèt meûr èt qu’ on rètère

Et qu’on rèture po nè l’ pus voûy. »  (Guillaume,2001,22)

(F) Tout qui était mûr et qu’on enterre de nouveau et qu’on enclôt pour ne plus le voir.

(EW) « Mi, qwand djè l’ veû d’ å lon, dji trèvåtche li route, po nè l’ nin creûheler. » (Lahaye Joseph, Monique, in: CW 6/99, p.97-100)

Moi, quand je le vois de loin, je traverse la route, pour ne pas le croiser.

 

Différence 58

Le pronom personnel complément direct se place devant l’adverbe de lieu « î ».

ex. : (W) Mwinrnez m’ î!: (F) Menez-y moi!

 

Différence 59

Le COD se place entre les 2 syllabes de « voci, volà, vor'ci, vor'là »:

 

(F) me voici, te voici, ...

me voilà, te voilà, ...

me revoici, te revoici, ...

me revoilà, te revoilà, ...

en voici, en voilà

en revoici, en revoilà

nous y voici, nous y voilà 

nous y revoici, nous y revoilà

vo-m'-ci

vo-m'-là

vo-m'-rici

vo-m'-rilà

vo-z-è-ci ;

vo-‘nnè-ci

vo-z-è-r'ci

vo-n’s-î-ci 

vos-n’s-î-r’ci 

vo-t'-ci

vo-t'-là

vo-t'-rici

vo-t'-rilà

vo-z-è-là ; vo-‘nnè-là

vo-z-è-r'là

vo-n’s-î-là 

vos-n’s-î-r’là 

vo-l'-ci

vo-l'-là

vo-l'-rici

vo-l'-rilà

 

 

 

 

vos-nos-ci

vo-nos-là

vo-nos-r'ci

vo-nos-r'là

 

 

 

 

vo-v'-ci

vo-v'-là

vo-v'-rici

vo-v'-rilà

 

 

 

 

vo-lès-ci

vo-lès-là

vo-lès-r'ci

vo-lès-r'là

 

 

 

 

 

Le pronom régime direct de « voci » et de « volà » ne les précède pas comme en français, mais s'intercale entre leurs composants, de même que le préfixe itératif « ri (ru-), re- »  : « vo-le-là » (le voilà), « vo-l'-rulà » (le revoilà), « vo-m'-ci » (me voici). (Remacle,1937,64)

ex. :

(CW) « Li côp d’ après, vo-l’-rilà avou on-ôte bokèt. » (A. Henin, CW 1/1980, p.4)

(F)  La fois suivante, le revoilà avec un autre morceau.

« Et vo-le-rilà su l’ pont, wê. » (Selvais,1998)

Et le revoilà sur le pont, tiens.

« Vo-z-è-là deûs qu’ ont ieû l’coradje di mostrer leûs-idéyes (...) » (Brener,1999 (1))

En voilà deux qui ont eu le courage de montrer leurs idées.

(EW) « ..., vo-me-chal tot près dè l’ couhène dès sotês. » (Warnier,1988,22)

Me voici tout près de la cuisine des lutins.

« … c' èst grâce à twè qu' dj' a vèyou tot çoula èt qu' vo-me-rulà, (...) » (Feller C.,1906,135)

C’est grâce à toi que j’ai vu tout ça et que me revoilà, …

« Nôvimbe ! Vo-r’chal lu timps dès rèclames èt dès djouwèts dès grands magasins. » (Lès Waloneûs do payis d’ Sâm, in: Echos du Pays de Salm, nov. 2001)

Novembre ! Revoici le temps des publicités et des jouets des grands magasins.

« On såyerè di v' fé creûre qui (...), qui (...), èt vo-'nnè-chal èt vo-'nnè-là ... » (P.-H. Thomsin, Meûrs di papî, Vlan, s.d)      

On essaiera de te faire croire que (…), que (…) et en voici, en voilà …

« Vo-m'-î-là!  Dji creû bin qu' i bètche, sès-se, asteûre. » (Grafé,1987,23)

M’y voilà ! Je crois qu’il mord à l’hameçon, sais-tu, maintenant.

(OW) « (…) Barbara lyi rèspond èyèt vè-le-là assis su in banc, (…). » (Quinet,1999,10-12)

Barbara lui répond et le voilà assis sur un banc.

« Vè-le-là l’ nouvèle conjugaîson: (...) » (Wins Raymond, Lès vèrbes ...)

 

La voilà, la nouvelle conjugaison : …

vè-le-ci, vè-le-ci (le voilà, le voici), vè-l’zès-ci (les voici), … (Carlier, 1991)

 

(SW) « Vo-l’-là voye èn-amont. » (Ries Edouard, Li lîve do Bûtè, AL)

Le voilà parti en amont.

« Vou-t’-lès-là, wê, lès deûs tiènes qui s’ radjondant pou moustrer là pa yû qu’ l’ êwe-dë-Lèsse coûrt. » (O. Marchal, Arduine, Otchamp dins la nîve, AL)

Les voilà, tiens, les deux côtes qui se rejoignent pour montrer l’endroit où coule la          Lesse. (litt. : « te les voilà »)

 

Différence 60

Un nom sujet mis en évidence est répété par un pronom personnel accentué, puis encore par un pronom personnel normal.

ex.: (W) Jules, li, il î va.                      (F) Jules, lui, y va.

              Mi frére, li, i n’ fouye nin.           Mon frère, lui, ne bêche pas.

 

(CW) « Bèbêrt, li, il âré v’lu awè dès dwèts quate côps pus long. » (Wartique Edmond, in : W, 12,1954, p.154)       

(F)  Bébert, lui, aurait voulu avoir des doigts quatre fois plus longs.

« L’Acadèmîye Francèse, lèye, èle li vôreûve bin lomer “Zône Eûro”. » (Brener, 1999 (2))

L’Académie Française, elle, voudrait bien l’appeler « Zone Euro ».

 

Différence 61

Le wallon répète toujours le pronom accentué par lequel une proposition commence, le français parfois.

1 Sujet:  (W) Zèls, is n'ont rin dit. (F) Eux n'ont rien dit.   (NL) Zij hebben niets gezegd.

Mais:

2 Complément:

                      Zèls, djè lès raurè!         Eux, je les rattraperai.     Hun zal ik het betaald zetten.

 

ex. (W) Mi, dj’ î va.       Li, i n’î sondje nin.    Zèls, is n’ont rin.

      (F)  Moi, j’y vais.    Lui n’y pense pas.         Eux n’ont rien.

 

(CW) « Et zèls, is n’ avint pus qu’à moru, fin mièrseûs. » (Houziaux,1964,15)              

(F) Et eux n’avaient plus qu’à mourir, tout esseulés.

« Et djë l’zi aveû trëcoté èt l’zi fé fé à zèles ossë totès bounès lokes. » (Gaziaux,1987,306)

Et je leur avais tricoté et fait faire à elles aussi tous bons vêtements.

 

Différence 62

Les pronoms personnels sujets appartenant à différentes personnes sont répétés obligatoirement par un pronom personnel qui les regroupe.

ex.:

(W) Li èt mi, nos-î alans.                                     (F) Toi et moi y allons.

       Twè èt t' man, vos l' avoz dit.                             Toi et ta mère l’avez dit.

        Nu vos, nu mi, nos n’ è p’lans rin.                     Ni vous ni moi n’y pouvons rien.

        Mi fré èt mi, nos n’s-ènn’ ocuperans.                 Mon frère et moi nous en occuperons.

        Li èt s’ feume, il ont rèné tote leû vikaîrîye.       Sa femme et lui ont travaillé dur toute

                                                                                            leur vie.

 

(SW) « Meu frére èt mi, djeu nous batans souvint. »  (Twisselman,1994,21)

Mon frère et moi, nous battons souvent.

 

NB En néerlandais, « Mijn vrouw en ik, we hebben ... » (S. Carmiggelt, Kunst en waarheid)



[1] « I n'a rin so s' tièsse »; « dj' a mâ d' mès pîds »; « dj' a  mâ d' mu stoumak » ou « â stoumak ». (Remacle,1937,45)

21:30 Écrit par justitia & veritas dans education | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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