15/04/2010

(introduction) (suite)

0.2 Le wallon est-il une langue ?

 

0.2.1 Rapprochement entre les termes « wallon » et « langue »

 

Ce rapprochement n’est pas nouveau. Déjà au 19e siècle, le linguiste namurois Charles Grandgagnage publiait un ouvrage intitulé « Dictionnaire étymologique de la langue wallonne »” (1843).[1] Un peu plus tard, en 1857, H. Chavée, dans : « Français et wallon, parallèle linguistique, Préface V-VI, 1857 » déclarait :

«  Tel est le point de vue (“ orthographe d'après étymologie ”) auquel je me suis placé pour formuler les quelques règles qui me semblent suffire à l'écriture orthographique de la langue wallonne. » 

 

Plus tard, A. Maréchal, dans son « Discours sur la langue et la littérature wallonnes », 4/8/89, (in: 60e R.N., Lès Rèlîs Namurwès, 22/2/69) parlera en ces termes : « Cette langue est si souple et si franche d'allure ... » [2]

 

Enfin, le philologue Jules FELLER (Notes de philologie wallonne, p.8, 1912) concluera ses analyses scientifiques en disant :

« L' ensemble des dialectes wallons forme une unité linguistique d' un ordre supérieur . On peut convenir d'appeler cette unité langue wallonne ou wallon . »[3]

 

Notons dans ce contexte que le wallon ressemble à bien d’autres langues, voire la plupart des langues dans le monde.  Les autres langues ne sont pas aussi uniformisées qu’on le croit généralement. Ainsi, dans certaines comme l'anglais, l'espagnol, l'italien, le français, où un des dialectes a dominé les autres, puis les a recouverts, il existe toujours des différences régionales, des dialectes. Le wallon, lui, est composé de dialectes dont aucun n’a recouvert les autres.[4]



[1] Notez aussi : Ch. Grandgagnage, Note, in: Lestekst, Reeks geschiedenis en wetenschappen, nr.5, La Wallonie

« Le wallon, langue régionale, ... » (p.1)

« Il faut avouer que ce wallon est une bien belle langue. »

 

[2] Notez aussi : 1. La fédération: Statuts de 1895 (extraits), in: Les Cahiers Wallons, p.81, 5/1970

« Art.1.  L'association de la province de Namur et fondée à Namur, en dehors de tout esprit politique, par la réunion de tous les cercles littéraires et dramatiques de la langue wallonne. »

 

[3] Cf aussi : Jean-Maurice Dehousse, Discours, in:  E scole di walon, Djåzans walon, 4, 1998, p.3-5,

« Malgré le grand nombre de mots empruntés aux langues germaniques, le wallon est une langue romane, surtout par la syntaxe, qui échappe à l’influence germanique.

Le wallon n’est pas une espèce de français abâtardi ou mal parlé, mais une langue soeur du français, comme l’espagnol, l’italien, le roumain, le catalan. » (p.5)

 

[4] Viroux Johan, in: Courrier des lecteurs, La Libre Belgique, 12/10/1982 .

 " ...le wallon, comme le pensent encore beaucoup, n' est pas un dialecte mais une langue, composée de 4 dialectes, distincte des langues environnantes sur de très nombreux points, d'abord syntaxiques et morphologiques, ensuite phono1ogiques ."

 

21:58 Écrit par justitia & veritas dans education | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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