15/04/2010

5 Orthographe

5 ORTHOGRAPHE

 

Evidemment, l’orthographe ne permet pas d’analyser intrinsèquement les différences entre le français et le wallon.  Cependant, on a dû adopter des règles spécifiques pour pouvoir s’adapter aux particularités du wallon. 

 

5.0 Les règles de Feller

 

Les règles d’orthographe wallonne, dites « règles Feller », du nom de leur auteur, Jules Feller, se distinguent des règles d’orthographe française.

 

A une langue écrite sans règles au 19e siècle a succédé l'orthographe codifiée par ce lauréat d'un concours organisé par la Société liégeoise de littérature wallonne en 1900. Dans l'édition définitive de ces règles, où il s'inspire de l'orthographe française, il insiste pourtant sur le fait que "le français a des graphies mauvaises, inutilement compliquées, dues au pédantisme ou à l' ignorance.  Il faut savoir en secouer la tyrannie en wallon pour se rapprocher de ce qu'exigent la phonétique et l' histoire." (Feller,1901,58)[1]  Ces règles furent publiées dans un essai en 1900 (Feller,1900). Elles rencontrèrent partout le meilleur accueil et son auteur s'ouvrait à l' avenir en disant: "Si des études ultérieures démontraient l'avantage de certaines corrections aux règles proposées, il va de soi que nous nous empresserions de les introduire dans la pratique." (id., 1901,56)[2]

 

Toujours dans cette étude, Feller a basé l’orthographe wallonne sur les principes phonologique et analogique, sans oublier l’étymologie.[3] Feller voulut établir une subordination entre eux quand on devait obéir à plusieurs nécessités à la fois et à son avis, la phonétique devait primer tout. (ibid., p.59) (On dira maintenant plutôt phonologie)  Toutefois, n’oublions pas la conclusion judicieuse d’un pédagogue belge, Claude Keller: “Une orthographe phonétique,- parce qu’elle fait disparaître les graphies redondantes, donc réduit la capacité de discrimination du système -, ralentirait la vitesse de lecture, transmettrait moins bien l’information”. (Keller, 1990,36)

 

Dans les choix orthographiques, les règles Feller ne s'isolent certainement pas du reste de

l' Europe.  Exemples:

 

·      les consonnes géminées dans la langue parlée le sont aussi dans la langue écrite en wallon et en:

italien

ottina,pubblicita,febbre

 

·      les consonnes non géminées sont seulement écrites une fois en wallon comme en:

serbo-croate

abònent (abonné)

tchèque

cigareta

 

portugais

afluente(affluent), ocupar

roumain

espagnol

terorist

abacial

 

·      les digrammes grecs et latins sont remplacés en wallon comme en

 

serbo-croate

analfabet;

danois:

biograf, telefon

finnois

asfaltoida (asphalter)

turc

antrasit, alfabe

hongrois

elefant, fizika

polonais

alfabet, etnografia

portugais

filosofia, aritmetica

suédois

alfabet, biograf

·      les mots étrangers sont assimilés comme en:

 

serbo-croate polonais

dzudo (judo), dzip (jeep)

Gwatemala, Urugway, Izrael

 

·      « x » latin devient « -ks-«  (en wallon: « -cs- »  ou « -ks- » ) comme en

 

serbo-croate

taksi

turc

ekspres, eksantrik

 

 

finnois

fikseerata

(fixer)(en photogr.)

norvégien

akseptere

 

 

danois

ekspert;

polonais

ekstra, Luksemburg

 

 

·      « x » latin devient « -gz- »  comme en:

turc

egzoz (échappement)

 

 

polonais

egzamin, egzema

 

 

·      « y » latin-grec devient « i » comme en:

portugais

bicicleta, mistério

roumain

abis (abysse)

turc

anonim

espagnol

sinpatia, sindicalista

·      l' utilisation fréquente de signes diacritiques (accents, ...) comme en hongrois et en turc;

·      « qu- »  en début de mot comme en:

portugais

quando, quaresma, quimica

 

 

·      l' utilisation du « k » mais dans une moindre mesure qu' en:

serbo-croate

diskoteka

norvégien

tuberkulose

finnois

detektori

suédois

alkohol

hongrois

Afrika

danois

cirkulation

turc

aktris, molekûl

tchèque

elektrika

polonais          katolik.

 



[1] cf aussi: FELLER, 1912, 80: « Les grammairiens français du moyen âge, en écrivant vingt et doigt, ont introduit un g qui était mort ou transformé en y depuis dix siècles et plus! » ‘Pourtant, ils n’ont pas pensé à introduire ce même g, dans froid, de frigidum’, etc.  « Notre système à nous est de suivre l’analogie du français partout où c’est plausible, de ne pas la suivre dans ses verrues et ses polypes. »“

[2] C’est le cas du créole à Haïti: ‘Le créole a acquis le statut de langue officielle mais la transcription phonologique de cette langue, qui naît sous nos yeux, l’éloigne fort du français.’ (...) « Pompilus prônait une ‘orthographe intermédiaire’ entre les transcriptions étymologique et phonétique. » (in: J. Barros, Haïti, de 1804 à nos jours, TII, Paris, éd. L’Harmattan, 1984, p.589)

[3] FELLER, 1912, 80: « Nous avons supprimé l’ s que le français a introduite à la première personne du singulier dans toute la conjugaison, écrivant dji vou à cause de volo, dji so à cause de sum, dji vin (venio), dji prind (prendo), dji voleû (volebam), dj’ èsteû (stabam). »

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5.1 Points communs et différences

5.1 Points communs et différences

 

Points communs

 

Français

Wallon : traitement

ponctuation

id

majuscule

id

nom propre et adjectif dérivé

id

césure

id

cédille

id

dernière lettre muette

id

élision du ‘e’ final

id

 

Différences

 

Français

Wallon : traitement

1 lettres

différent

2 trait d’ union

différent

3 accent (aigu/grave/circonflexe)

différent

4 tréma

différent

5 redoublement des consonnes

différent

6 discordances familiales

différent

7 accord du participe passé

différent

8 combinaisons graphiques

différent

9 pluriel des noms

différent

10 racines gréco-latines

différent

11 consonnes muettes

différent

12 cas d’une lettre pour deux phonèmes en français

inexistant

 

 

 

 

5.2 Règles différentes

 

5.2.1 Lettres

 

Différence 1

Les règles de l' orthographe wallonne

 

Phonologie: les sons

voyelles, consonnes et semi-consonnes wallonnes

å, aî, ån, ë, én,

eû, în, ôn, oû,

dj, h, w, tch

û

 

* Les lettres en italique représentent des sons confinés à un dialecte, une série de parlers ou un parler wallon.

 

å

/h/

(EW) son intermédiaire entre « â » et « o » (SLLW,1913,4): clå (clou), tåte (tarte, tartine), ploråde (pleureuse), lård (lard), pårt (part) (comme en danois: Aarhus; en anglais: hall)

ë

±/ /

(CW) C’est une voyelle sourde en Brabant wallon: djë so v’në.  Le parler de la région jodoignoise (centre-wallon) possède un « e » représenté par « ë » (ou un « e » surmonté d’un « ° ») équivalent au « i » et « u » namurois: së l' tèri (sur le

terril), lë sogneû (le soigneur), vënë (venir), iëte (passé), todë (toujours).

Mais « i » et « u » gagnent du terrain." (Gaziaux,1982,XIV)

cf « i »

/Æ /

nèveû, aveûle (neveu, aveugle)

 

 

(CW) son intermédiaire entre « é » et « ê »: laîd (laid), maîsse (maître), vraî (vrai).

Quand le mot français correspondant présente « ai », ce digramme correspond à un phonème distinct de « é » et de « ê » : par exemple, paîre (paire) et pére (père), taîre (taire) et  têre (terre).

Cette graphie ne peut être bien sûr utilisée si le son est « é » /e/ :dans ce cas dans éle (pour  aile) et clér (pour clair) suivant la prononciation.

 

/u:/

Oûte (Ourthe), ça boût (ça bout), noû (neuf)

 

û

/y:/

cût (cuit), bûre (beurre)

 

 

 

Les voyelles nasales

 

 

én, ...

correspond à /e/ très fermé: tchén (chien) (Charleroi, Basse-Sambre, une partie du Brabant wallon et du nord de la province de Namur);

correspond à /i:/ nasalisé (wallo-picard): tchîn

 

 

(OW, CW) cf  « in »

Ce « é » nasalisé est mi-nasalisé dans la région de Jodoigne: lén (lin), tchén (chien). (Gaziaux, Le parler de Jauchelette,XIII-XIV, s.d.)

 

în

(OW) cf ‘in’

 

ôn, ...

(CW) (dans l’est du Brabant wallon) (ô mi-nasalisé) (Gaziaux, Le parler de Jauchelette,XIII-XIV, s.d.) cônp (sic) (fois), ônt (= (h)ôt : haut) 

NB

ån

La région immédiate de Neufchâteau connaît un son « an »: « un son toujours bref, intermédiaire entre an et on ». (Pierret, 1966,53)

On l' écrira  « ån ». (Mouzon, 1976, 5)

cf « on, ... » et « an, ... »

 

an.n, en.n, in.n, on.n

Pour plus de clarté, quand une voyelle nasale est suivie d' une consonne nasale, on utilise un point pour séparer les deux afin de bien montrer que la première consonne nasale n' est pas prononcée, mais qu' elle sert seulement à noter la nasalisation de la voyelle:

an.nêye (année), pon.ne (peine), dozin.ne (douzaine), lin.ne (laine):

/ã+n /, /õ+n/, /ĩ+n/.

De même, pan.y / ã +j/: pain (Brabant wallon; Marche-lez-Ecaussines, ...)

N.B. « an' / ... »: quand « n » ne forme pas groupe avec la lettre précédente: an'dîve (EW) (endive), an'tchous (salamalecs) (EW), chaskeun' (chacun) (EW).

 

Y

le « y » français = « i » : mistére (mystère), Éjipe (Egypte) ou « î » : dj' î va (j’y vais), stîle (style)

Il n’existe pas en wallon.

OI

n’existe pas: wa, ou en wallon

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(Orthographe) (suite)

Voyelles muettes à l’intérieur des mots

ex.:

série 1

forme pleine

forme diminuée

 

diner (donner)

po d'ner (pour donner)

série 2

forme pleine

forme augmentée

 

li stûve (poêle) (CW)

one sitûve

 

li rwè (le roi)

nosse riwè

série 3

forme pleine

« -e- » 

 

maçon      

savon

trawer (trouer)

cûre/cût (cuire/cuit)

macener  (maçonner)

savener (savonner)

traweter (percer de nombreux petits trous)

cûtener (cuire à petit feu)

 

Dans la conjugaison verbale, l' apostrophe est conservée:

   

polu (pouvoir) (CW)

nos p'lans (nous pouvons) (CW)

dîre (dire)

vos d'joz   (ou vos d’djoz) (vous dites) (CW)

volu (vouloir) (CW)

vos v'loz (vous voulez) (CW)

 

Elision de la voyelle finale (suivant la langue parlée):

-         devant une V: « si i »  > « s' i » / « si on » > « s' on » : s' i vint; s' on vint  (s’il vient ; si (l’)

      on vient)

-    devant une C: « si dji toume »  devient si dj' toume (SW) (si je tombe)

   

Elision de la voyelle initiale (suivant la langue parlée) :

      i ‘nnè va d’mwin[1] ; ‘l è-st-èvôye  (il part demain ; il est parti))

 

 

Voyelles instables

 

Voyelles épenthétique et prosthétique

 

- prosthétiques:  -V # s   +C                  -C # s +V+C

  . ex.: (CW) li scole - dè l’ sicole (l’école ; de l’école); po scrîre - po l’ sicrîre (pour écrire ;  

   pour l’écrire); li spale -  one sipale (l’épaule, de l’épaule); i sét spaurgnî - i l’ pout

   spaurgnî (il peut épargner ; il peut l’épargner); do spès cafeu - dè l’ sipèsse sope (du café

   ‘épais’ ; de la soupe épaisse); 

   (EW) ine sipèsse nut’ (une nuit épaisse), i n’ sipågne nin sès

   pon.nes (il n’épargne pas ses peines);

   (SW) la scole - do l' sucole; po scrîre - po l'  sucrîre;la spale - oune supale; i  sêt spârgni - po 

   l' supârgni; do spès cafè - do l' supèsse sope (Francard,1981,171);

 . pas de voyelle prosthétique pour les mots d' introduction récente:

   scapulêre, scârlatine, ...

 

- épenthétiques: dans la flexion verbale:

  infinitif en « -C + eler / ener / rer »  (Bast.) :

  présent simple, futur simple, condit. présent et impératif présent avec « -C + èle / ène / ère »:

  ex.: (SW) i duscopèle (séparer (des animaux) qui ont été couplés), (CW) i discopèle, i dobèle

  (il double), il infèlerè (il enflera),(SW) i râvèlerè (il ramassera avec un râble), ça c'pètèle

  (kipèteler, diminutif de kipèter (crevasser en tout sens); i mostère (il montre), i s' mâvère (il se

  fâche); i tikène(taquine), i kètène (picore), i sîzène  (il passe la veillée en compagnie de proches)

  (Francard,1981,175-177);, ... ; (OW) Èl fourâdje poûfèle (le foin fait de la poussière) (de : 

  poûfler), …

 

 

Voyelles caduques

 

- « i / u »:

  . elles correspondent à des voyelles distinctes du point de vue étymologique:

   (CW) tch(i)via (cheveu), d(i)mwin (demain); (SW) tch(u)vè (cheveu), s(u)mwin.ne  

   (semaine), d(u)pûs (depuis), d(u)mwin (demain)

  .dans certains préfixes: (SW)

   « d(i) / d(u)- » : dimèrer (rester), diméy (demi) (SW: dumorer, dumèy);

   « c(u)- » : (SW) cuchiri (déchirer complètement), cutwade (tordre en tout sens);

   « r(i) / r(u)- » : r(i)tinde, r(i)vinde (SW: rutinde (retendre), ruvinde (revendre))

 . dans certains pronoms et adjectifs à une syllabe:

   « dj(i) / dj(u) (je), l(i) / l(u) (lui), m(i) / m(u) (mon), ç(i) / ç(u) (ce), ... »: po qui dj’ vègne, i

   s' tint bin, i l' mindje (pour que je vienne, il se tient bien, il le mange)

 

- « è »  : dans p(è)tit, t(è)ni, v(è)ni, d(è)ner (SW) (ibid.,169-200) (petit, tenir, venir, donner) ;

   tch(è)vau, tch(è)viron (OW) (cheval, chevron (charpente))  

 

 

Les semi-consonnes

 

Combinaisons avec le son /j/

 

 

voyelle + /j/ « y »

Mayane, sayî, mèyeû, vôye, oûy, liyon[2]

(Mariane, essayer, meilleur, chemin, œil, lion)

 

consonne + y + « i, î, in »

 

grawyî, consyî, paçyince (gratter, conseiller, patience)

 

en début de mot: « i »

ièbe, iute (CW), ieû (CW) , ièsse (CW) (herbe, outre, eu, être), ieu, ieûs’, iun (œuf, eux, un) (OW) [3]

 

 

Combinaisons avec le son /w/

 

stwale, rouwe, rouwale, pièrduwe (CW) (étoile, rue, ruelle, perdue)

 

N.B. « oi » en français 

         =  « wa / wè »:

bwès, bwâre (CW) (bois, boire)

 

 

 

Les consonnes

 

c

/k/

en début de mot, + « a, o, u, consonne(s) »: ca, co, cûr, èco, cwade (CW) (car, encore, cuir, encore, corde);

« k » dans les autres cas (et les dérivés): élèktrike, Bèljike, pârker  (parquer)[4]

« qu (qw) » en début de mot (et par analogie au français):  quatwaze (EW) (14), qwinze (EW) (15), qwite (EW) (quite), one saqwè (quelque chose), saquî (quelqu’un), quékonk, saquants, poqwè [5];

« cs » ou « ks » /ks/: bocser, docsâl, acsègnî.

cf « s »

ç

/s/

La cédille s’utilise comme en français.

De plus, « ç’ » remplace « ci » (ou « çu », « çou ») suivant la prononciation dans: C’èst ç’ qu’on vint d’ dîre. (c’est ce que l’on vient de dire.)

Ce n’est pas le cas dans: qwè-ce qui c’èst?; comint-ce qui ça va? (qu’est-ce que c’est ? ; comment cela va-t-il ?).  Ici, « -ce » correspond à « -èst-ce » (*qwè èst-ce qui c’èst?; *comint-èst-ce qui ça va?).

g

 

/g/

« gz » /gz/: « -x- » en français: ègzamin (examen)

/k/ Voir aussi 1.1.6 assimilation pour bague, morgue, ...

h

 

/h/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

/X/

 

hover (EW) (balayer) ,haveter (EW) (râper légèrement)

Le « h » s'écrit même s'il n'est pas ou plus prononcé dans d'autres dialectes afin de préserver l'unité du wallon;

« h » n'est pas écrit dans ome (homme) et awè (CW), aveûr (EW) (avoir, du latin 'habere') car il n' est prononcé dans aucun dialecte.

 

/h/  (prononcé ordinairement dans l’est-wallon)

encore prononcé dans le sud-wallon, à Bertrix par certains témoins (Anselme, 1984,39); très faible dans: an lès (h)înét toutes (Pierret, 1966,54) ; à Bastogne: absence de liaison entre l'initiale et la consonne précédente dans: dès hèsses (des hêtres) mais /h/ est légèrement audible dans hèye (haie) (Francard, 1980); à Longlier: chez certains wallophones âgés: hosse ((je) hoche), duhawè (houer), dushintchè (Pierret,1984); à Léglise: le « h- »  initial étymologique se prononce dans hâye (haie), heurée (hallier), hôrlé (talus); ne se prononce pas dans ouline (chenille), utchè (appeler); se fait encore plus ou moins sentir selon le locuteur dans (h)asse (hêtre), (h)oupe (Nicolaï,1987).  A Fosse-la-Ville (CW), on trouve un lieu-dit, li Hièrdau sans élision mais on dit su l' Ièrdau avec élision, on hûlau ou on-ûlau (fusil à poudre à canon court, utilisé dans les marches folkloriques).  Le   phénomène d' amuïssement n' est donc pas assez achevé pour qu'on puisse toujours supprimer « h » de l'écriture.  On y dit aussi dins lès  / hayes, dins lès / hièbes (dans les haies, dans les herbes).

 

L' ach-Laut en est-wallon est représenté par « h » en fin de mot ou de syllabe: l' ouh (EW) (la porte), bouhetê (EW) (étui à aiguilles);

il faut aussi noter l' ich-Laut dans le sud de l'est-wallon à Lierneux/Vielsalm/Robertville écrit avec un  « ch »: Chèrlot (hameau de Lierneux), châle  (échelle)  (que certains écrivent « hi- » ) (SLLW,1913,5): ce « h » est fortement aspiré et légèrement mouillé: cf aussi Vâ-d’-Chavan (Vaux-Chavanne)

 

j

 

/¦/

jenre, jènîye, Éjipe (genre, génie, Egypte); (EW-Verviers) grujale (groseille)

comme « ch » :  èponje (éponge) car en fin de mot, la sonore devient sourde.

k

 

/k/

cf « c »

cf « ks »

X

 

n’existe pas en wallon

 

 

Digrammes et trigramme

 

 dj  

/d¦/

èdjaler, djinti (geler, gentil)

ng

le « ng » de « ping-pong »

gli.ng'-gla.ng' (pendeloque); di.ng'ter (tinter) (in: Haust-Legros,1948,XXVI)

qu

/k/

cf « c »; « qw- »  existe aussi comme correspondant liégeois: qwèri (EW) pour quèri (chercher); de même, qwê (chercher) (CW) pour qué (CW)

tch

 

le « tch » de « tchatche »

tchèt, tchivau (chat, cheval)

cf « ch »

 

TH, PH, RH, CH

Les digrammes grecs et latins « th, ph; rh, ch » sont remplacés par « t, f; r, c » : tèyâte, filosofîye; ritme, Cris' (théâtre, philosophie ; rythme, Christ).

 

Consonnes muettes

 

Les consonnes muettes finales

Elles sont écrites quand elles le sont dans le mot français correspondant:

               long, assez, aîmoz, mi fis, pwîs... (long, assez, aimez, mon fils, puis)

Si la consonne finale est muette en français et prononcée en wallon dans le mot correspondant, on écrit une 'minute' (=   '    ) à droite de cette consonne:

               gos', cos', tos', awous', fris', dèlicat', nut'  (goût, coût, toux, août, frais, délicat, nuit)

               (ce n' est pas nécessaire pour stomak, aurmonak,... (estomac, almanach)). 

 

Consonnes muettes

Elles sont supprimées quand la consonne écrite est double dans le mot correspondant en français:

              ratinde, flater, fème (atendre, flatter, femme)

              SAUF pour « -ss- » : assazin, rèsseler, assez (assassin, râteler, assez);

                        pour  « -ll- »  : èlle + voyelle: èlle a co l’ min.me auto, èlle ont (elle a encore la

                                        même voiture, elles ont)

 

Consonnes géminées ( consonnes doubles)

Les consonnes géminées prononcées entièrement (donc pas « -ss- » ) sont toutes deux écrites comme dans: addé /-dd-/ (près de), èlle /-ll-/ (elle), ènnè /-nn-/ (en), i môrrè /-rr-/ (il mourra), Anna /-nn-/ . cf aussi: Qui vou-djdju dîre? (EW) (Qu’est-ce que je veux dire ?), i moûrreut (CW) (il mourrait), dji coûrrè (je courrai) (SLLW,1913,5); lès gngnos (les genoux), à Gngnape (à Genappe).

 

Assimilation

Comme en allemand et en néerlandais, on trouve une altération de la syllabe finale par « Auslautverschärfung » ou l' assimilation: suivant le principe analogique ou étymologique, la forme initiale reste conservée:

      on pôve /-f/; on pôve /-v/ èfant; one pôve /-f/ djin; (un pauvre, un enfant pauvre, une

      personne pauvre)

      rodje /-t /; rodjeû /d /; aube /-p/; djudje /-d / (rouge, rougeur, arbre, juge).

 

Cas particuliers

Particularités (suivant la prononciation)

      vinez &  vinez' chal (EW) (venez et venez ici)       i dit & di-st-i (il dit & dit-il)

      quate &  quatre ans vî (quatre et qui a quatre ans) il èst & il è-st-èvôye (il est et il est parti)

 

 

Morphologie: les combinaisons de sons

 

L' article défini, l' article suivi d' une préposition

 

français

wallon

français

wallon

le, la; l'

li; l'  (lu (EW)/èl (OW); l')

 

au(x)

au/aus/ausès*(å, â/ås, âs/asès, à lès,à l's-)

* On écrit aussi: auzès, azès.

du

do    (dè) (EW)

 

à  l'

à l'[6]

de l'

di l' + V

à la

à l' (principe analogique)

 

de la

dè l' (do l' (aussi : CW))(principe analogique)

des

dès  (di lès, du lès, d' lès, di l's-)

 

(de au)

dau   (då, dâ)

(de à l')

da l'

(de à la)

da l'  (do l')

(principe analogique)

(de aux)

daus/dausès  (dås, dâs), dausès

On écrit aussi dauzès.

en le

è       (o)

en l'

è l'

en la

è l'    (o l')

en les

èsès         (osès) (aussi: èzès, ozès)

(par au)

pau/pausès   (på (EW)) (aussi: pauzès)

 

 

 

 

L' article indéfini

 

on

(in EW))

 

on- (in-) + voyelle:

on-ome (un homme)

- f. one

(ine) (EW)

 

 'ne : (EW) divins 'ne bwète (dans une boîte)

(suivant la langue parlée)

 

 

Les noms substantifs et adjectifs

 

- le pluriel:

     « -s » SAUF quand le mot est déjà terminé par « s » ou « z ».

    . le « -x » du français devient « -s » dans les mots correspondants en wallon:

               dès tch'vaus, dès cadaus (dès chevaux, des cadeaux)

    . quand il y a une minute: nut' (nuit): nut's au pluriel

    . pluriel des noms propres et des noms étrangers:

              dès-ajèn'das, lès lavabôs, lès Dehins, lès Defrecheux (ou Deufrècheûs?)

    . pluriel des participes

avoir + participe passé toujours invariable

être/ pas d' auxiliaire + p.p. variable

              Dj’ a mindjî (j’ai mangé) (CW); djè lès-a mindjî (je les ai mangés /-ées); lès crokètes

              qui dj’ a mindjî (les croquettes que j’ai mangées)

              Touwéyes pa 3 djins (tuées par trois personnes) (CW) ; èlle ont stî touwéyes èyîr

              (elles ont été tuées).

    . pluriel des noms composés:

           « -s » quand: N1-N2 ou N1N2: dès cofe-fôrts (des coffres-forts), etc.

- le féminin:

           « -e » aux adjectifs et participes

          on tient compte des changements de prononciation entre le masculin et le 

          féminin:

          planté - plantéye, flori - florîye  (planté – plantée ; fleuri – fleurie)

- le trait d' union des noms composés:

   voir le français (et l' anglais où il faut constater un manque de consistance dans son   

   usage (Zandvoort,1977,288)).

 

Les adjectifs et pronoms

 

Les adjectifs possessifs

 

singulier

pluriel

mi

mi+V [7] (mi-ome)     (aussi: m(i)-n-ome)

nosse

 

noste +V (noste èfant)

ti

ti+V      (ti-ome)

vosse

voste +V (voste auto)

si

si+V     (si-ome)      (aussi: s(i)-t-ome)

lêu

leû-z- +V (leû-z-èfant)

mès, tès, sès

mès-+V  (mès-omes)

nos, vos, leûs

vos- +V   (vos-autos),

leûs- +V   (leûs-èfants)

 

 

Les adjectifs et pronoms démonstratifs

 

singulier

pluriel

MASC/FEM

MASC/FEM

 

ci  + NOM + ci/là

ci pa-ci (ce papa-ci),

su (so (EW)) ç' plake-là (sur cette plaque-là), ci tâbe-ci (OW) (cette table-ci)

cès +NOM + ci/là

 

cès pas-ci (ces papas-ci)

ci-t-+V + ci/là

ci-t-ome-ci (cet homme-ci),

après ç't-anéye-là (après cette année-là),

po ç’-t-anéye-ci (pour cette année-ci)[8]

 

cès-+V   + ci/là

cès-omes-ci (ces hommes-ci)

 

NB: au féminin

(EW,SW (Francard))

 

ci feume- là (cette femme-là),

cisse tièsse-là (EW) (cette tête-là),

divins ç' tièsse-là (EW) (dans cette tête-là),

ciste eûre-là (EW) (cette heure-là)

 

 

 

- les adverbes « ci », « là » ; « chal » (EW) qui suivent le substantif peuvent être précédés du trait

   d' union.

- (EW) « wice » (où) vient de « où èst-ce »  (w' èst-ce > wèce > wice) (Feller,1912,176)

- « -ce » : dans: èst-ce qui t' vins ?, comint-ce qu’ i va v’nu ?, qwè-ce qui n'  va nin?, ... (est-ce  

                que tu viens, comment va-t-il venir ?, qu’est-ce qui ne va pas ?)

 

 

Les adjectifs qualificatifs

- épithètes pluriels: one grande fleûr - dès grandès /-t-/ fleûrs ; dès rodjès fouyes                          

                               (une grande fleur, de grandes fleurs ; des feuilles rouges)

 

 

Le verbe

 

Généralités

 

- Infinitif : « -er » est conservé par analogie

   Les autres terminaisons d'infinitifs auront ou n' auront pas de « -e » suivant l' analogie  

   avec le français.

- Indicatif, subjonctif, conditionnel:

  . 1re personne du sg.: pas de « -s »: dji so (CW), dj' aveu (CW) (je suis, j’avais)

  . Pl du subjonctif présent: pas de « -nt »: qu' is tchantèche (EW) / tchantenuche (CW) (qu’ils  

    chantent)

- Impératif:

  . 2me personne du sg.: pas de « -s »: vin, beû (EW) (viens, bois)

 

 

Cas particuliers

 

Les signes diacritiques:

La cédille

Elle joue le même rôle qu’en français, devant « a, o, u, w »: ça, çoula (EW), riçûre, Françwès, linçoû (ça, cela, recevoir, François, drap de lit).

 

L' élision / l’apostrophe

L’apostrophe n’apparaît que quand la lettre élidée n’est pas « e » (Wallo+, p.14)

. L’élision est marquée par l' apostrophe:

  avou 'ne si drole di feume (EW), po l' pâpe, nos v'nans, la s'min.ne - ène

  sumin.ne (SW) (avec une femme aussi drôle, pour le pape, nous venons, la semaine – une

  semaine).

. On ne met pas d' apostrophe dans spine, malgré one supine (SW), le « u » étant une voyelle       

  épenthétique (épine, une épine).

. L’élision à l’intérieur d’un mot n’est pas suivie d’ un espace vide: nos v’nans (nous venons).

Pour des raisons de clarté, l’élision en fin de mot devrait en principe être suivie d’un espace vide: tot d’ on côp, dj’ î va, l’ èfant (tout à coup, j’y vais, l’enfant).

 

La « minute »

La minute ( ‘ ) est utilisée lorsque le wallon fait entendre une consonne finale dont l’équivalente est muette en français.  On fait suivre cette consonne d’une apostrophe (ou plus précisément d’une minute): en EW : il èsteût prèt’, i fêt neûre nut’, alôrs’, fris’, mat’, i mèt’, arès’, il èstîn’ (il était prêt, la nuit est toute noire, alors, frais, mat, il met, arrêt, ils étaient). (SLLW,1913,6)[9]

Il faut donc bien noter la différence théorique d' emploi entre l' apostrophe (élision) et la minute (pour signaler la prononciation de la consonne qui la précède), bien que la dactylographie les confonde.    

 

Accents                         

L’accentuation sert à marquer l’allongement des voyelles: « â, ê, î, û; aî, oû ».

Suivant Feller, on peut supprimer les accents parasites dans les mots apparentés au français: a, la, dèdja (à, là, déjà). Cependant, cela peut engendrer une confusion entre « a » (à) et « a » (dj’a) , « la » (là) et « la » (article).  Il semble que à, là, dès lors dèdjà seraient plus appropriés.

Les majuscules sont écrites avec les accents (chose rendue aisée avec l’informatique): Ârdène, Éjipe, Èmanuwèl, Î-la-Hèsse (Isle-la-Hesse (SW), Ôstèr (lieu-dit à Bastogne) (SW), Ûjin .ne (Eugénie) (SW).

 

Le point

La ponctuation est semblable à celle du français.

Néanmoins, le point a un usage particulier en wallon.  On l’insère entre le digramme d’une voyelle nasale (« an, in, on, un ») et la nasale « n », « m » suivante.  (cf consonnes nasales)

 

Les mots étrangers

Il faut en distinguer 3 types

1) les mots « bâtards », mots étrangers wallonisés (prononcés à la wallonne) : leur forme écrite est entièrement wallonisée: règras (pour l' anglais ray-grass), on coboy (cowboy);

2) les cas de transition: hockey ou « hokè » ;

3) les mots étrangers conservant l' orthographe d' origine: on tackling (t. de football).

 

Le néerlandais, l’anglais, l’allemand et le français ont aussi des difficultés pour préférer un de ces 3 types.  Tantôt, l’un est choisi, tantôt l’autre.



[1] Certains écrivent aussi: i ‘nnèva (du verbe ènn’ aler (ou ènnaler) car ‘è(nn)’ est sémantiquement lié au verbe qui le suit.  On dit aussi: il è va (ou pour certains: il èva).

[2] Suivant les auteurs de Wallo+, le son /j/ s’écrit « y » en début de mot: « yeû, yèbe, yute, ... (p.14) Ceci ne semble pas cohérent avec la règle suivante où l’on écrit « -i » dans « piède », « via », ... entre une consonne et une voyelle.  Un poids, deux mesures ...

[3] On trouve dans le « Dictionnaire de l’Ouest-Wallon »: « yeu, yeûs’, yun, … » mais: « bia, bièsse, bieu, … » ; bien sûr, le « y- »  s’impose dans les mots: « yin, yink » (« un » en OW).

[4] Ce n’est pas toujours très systématique: ainsi, on trouve aussi « élèctrike » avec « k » seulement en fin de mot à côté de « docteûr, ocâsion, … ».

[5] Les professeurs Louis Remacle (ULG) et Michel Francard (UCL) utilisent déjà « k » partout suivant le principe phonématique: « l' ome ki vint », « Ké novèle? »

Or, des expériences ont montré que, lorsqu’on lit, les mots sont identifiés plus ou moins vite selon l’endroit où se pose le regard.  « Ceux-ci sont généralement reconnus très rapidement lorsque l’oeil se pose un tout petit peu à gauche du milieu du mot.  S’il tombe à un autre endroit dans le mot, le temps de reconnaissance augmente de façon énorme et cela ralentit beaucoup la lecture.  Il existe donc une position optimale du regard dans les mots et si cette position ne se trouve pas juste au milieu du mot, c’est parce que généralement l’information est surtout contenue dans le début des mots.

(Dominique,1992)

[6] On trouve aussi les formes « al; dèl, dol, dul, ... » mais pour des raisons analogiques, on devrait alors aussi trouver: *« pol, dinsl, sul, avoul, ... ».  Ce choix n’est pas idéal, faute de cohérence.

[7] « mi-ome »: c’èst mi-ome; po mi-ome /mj/ mais mi-y-ome mè l’ a dit car /mij/; idem pour: vos duvrîz vôy mi-y-ome fé l’ pwârî! /mij/;

« mi-n-ome » est parfois péjoratif (= cet individu-là)

« mès-n-omes » est toujours péjoratif.

aussi: « mi-âme »: po mi-âme mais mi-y-âme sèrè dânéye; ti-y-âme èto; po l’ paîs di t’-y-âme.

cf aussi pour le CW: Dji travaye à mi-auje, l’OW: Dji travaye à m’-n-auje : Je travaille sans me presser (et plus loin à l’ouest: à m’n-aîse: m’n- semble se rapprocher de ‘mon’ en français)

[8] Cf OW: ci-n-ârmwêre-là (cette armoire-là)

[9] Certains préconisent aussi d’écrire une minute après « toûbak » car le « -c » de tabac est muet en français. (SLLW,1913,6).  Certains écrivent il èstîne; en CW: il èstin.n (certains ajoutent « ‘ » : il èstin.n’)

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5.2.2 Le trait d'union

5.2.2 Le trait d' union

 

Différence 2

. Il marque la liaison: on-ome, dès-omes (un homme, des hommes).

. Il unit des éléments qui n' existent pas isolément:

  i gn-a, i n-a (EW), i d-a (OW) (il y a); dji m' a-st-ècroukî (EW) (je me suis engoué), il è-st-

  èvôye (il est parti) (et il èst pris) (il est pris), di-st-i (dit-il);  mindjoz- ve, qu' as-se? (mangez- 

  vous ?, qu’as-tu ?,

  vou-dje (est-ce que je veux ?), vous-se (veux-tu ?), sés-se (sais-tu ?); di-d-ci (d’ici), di-d-près   

  (de près); qui fê-djdju là? (EW) (que fais-je là ?), so-djdju si vî? (EW) (suis-je si vieux ?); il  

  a-st-avou (EW) (il a eu) (SLLW,1913,6)

  vo-z-è-ci saquantes (en voici quelques-uns), vo-nos-là (nous voilà); èwou-ce qui (où), èst-ce

  qui (est-ce que), bon-z-èt tchêr (bon et cher).

 Donc pas dans: done mi ça, prind le, mindje lu (donne-moi ça, prends-le, mange-le).

(cf anglais : give me that, take it, eat it ; néerlandais : geef me dat, neem het, eet het ; allemand : gib mir das, nimm das, iss das)  

 

- Mi-åme (EW); ti-éye (ard. = ton aile) (EW) (mon âme, ton aile) (SLLW,1913,6) (cf 2.5.1, adj. poss.)



[1] Certains préconisent aussi d’écrire une minute après « toûbak » car le « -c » de tabac est muet en français. (SLLW,1913,6).  Certains écrivent il èstîne; en CW: il èstin.n (certains ajoutent « ‘ » : il èstin.n’)

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5.2.3-5.2.6

5.2.3 Accent (aigu/grave/circonflexe)

 

Différence 3

En wallon, les accents servent réellement à la transcription d’un même phonème.

Ainsi, «  é » correspondra toujours à /e/ ; « è » à /ε/ ; « â », « ê », « î », « ô », « û » respectivement aux sons longs /a:, ε:, i:, o, y:/.

Ce n’est pas le cas du français pour « é » (événement), « â » (relâcher), « ê » (genêt), « î » (dîme), « ô » (Rhône), « û » (qu’il fût), …

 

 

5.2.4 Tréma

 

Différence 4

Contrairement au français, le wallon n’utilise pas le tréma tout simplement parce que, pour les mots correspondants au français, on prononce des sons de liaison comme /j/ ou /w/.

Ainsi, « maïs » devient wallon « mayis’ », « aiguë » devient « aîguwe » /-gyw/, « Moïse » « Moyise ».

 

 

5.2.5 Redoublement des consonnes

 

Différence 5

En wallon, quand on ne prononce qu’une seule consonne, on n’en écrit qu’une.

 

F chariot -charrette

W tchaur (CW,OW,SW)/ tchår (EW)  - tchèrète

    beau   - belle

     bia (CW,OW) / bê (EW) - bèle

    attention

     atincion

    panne

     pane

N.B. Cependant, on trouve « mossieû, assazin, … » (voyelle + ss + voyelle).

 

 

5.2.6 Discordances familiales

 

Différence 6

Des discordances familiales apparaissent parfois en français, en ce qui concerne le redoublement ou non de consonnes. Ce n’est jamais le cas dans les mots wallons correspondants.

 

Français

Wallon

Dans la famille de:

 

battre

batterie

bataille

bate

baterîye

bataye

bon

bonne

boni

bon

bo(u)ne

boni

canton

cantonner

cantonal

canton

-

cantonâl

char

charrette

chariot

tchaur

tchèrète

tchaur

chat

chatte

chaton

tchèt

(méroute)

(djon.ne di tchèt)

col/cou

collier

colis

colé

colis

courir

courrier

coureur

couru / cori

courier

cour

don

donner

donataire

don

diner

din

fol/fou

folle

folie

(sot)

(sote)

folîye

gratter

grattoir

gratin

grèter

grètwè

(grèzon)

homme

hommage

homicide

ome

(omadje)

(assazinat)

honneur

honnête

honorer

oneûr

onièsse

onorer

mamelle

mammifère

mamelon

(tète)

mamifêre

(tèton)

million

millionnaire

millionième

million

milionaîre

milionyin.me

monnaie

monnayer

monétaire

manôye

manoyî

monètaîre

nom

nommer

nominatif

nom

lomer

nominatif

nul

nullité

annuler

nul

-

anuler

patron

patronner

patronage

patron

patroner

patronadje

patte

pattu

patin

pate

apaté

patin

ration

rationnel

rationalisme

râcion

râcionél

râcionalisse

siffler

sifflet

persifler

choufler

chouflèt

-

son

sonner

résoner

son

soner

résoner

souffle

souffler

boursoufler

sofla

sofler

soflèt (soufflet)

ton

entonner

tonalité

ton

(ataker) (on-aîr)

tonâlité

trappe

trappeur

attraper

trape

trap

atraper

 

(Didier-Branvard,1972,16)

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5.2.7 Accord des participes passés

5.2.7 Accord des participes passés

 

Différence 7

L’accord des participes passés en wallon ne s’effectue que quand ils sont attributs.

Les participes passés wallons ne prennent ni le « –s » du pluriel ni le « –e » du féminin avec le verbe avoir.

 

(Grévisse,1975)

Français

 

wallon

 

1 1) Les champs moissonnés

des batailles perdues

A Règles générales

1) Le PP sans auxiliaire s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou pronom auquel il se rapporte.

= accord

 

lès champs fautchîs

dès batayes pièrdeuwes

 

2) Ma tante est arrivée hier.

Vos raisons sont admises.

2) Le PP conjugué avec ÊTRE s’accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe.

= accord

 

Vos raîsons sont-st-admèteuwes.

 

3) Ces livres que j’ai lus.

Les histoires que tu as racontées.

3) le PP conjugué avec AVOIR s’accorde en genre et en nombre avec le COD quand cet objet précède.

>< pas d’accord

 

Cès lîves-là qu’ dj’a lî.

Lès-histwêres qui v’s-avoz raconté

 

4) J’ai lu tous ces livres.

Tu as raconté ces histoires.

Elles ont tremblé.

Nous avons obéi.

4) Il reste invariable si le COD suit, s’i n’y a pas de COD.

= pas d’accord

Dj’ a lî tos sès lîves.

Vos-avoz raconté cès-histwêres-là.

Èlle ont tron.né.

Nos-avans choûté.

 

5) On n’est pas toujours favorisé par le sort.

Et s’étant saluée, on se tourna le dos.

A nos âges, on a besoin d’être soignés.

5) Le PP avec ÊTRE se rapporte à ON: ordinairement masc. sg.

parfois, quand des circonstances indiquent nettement que ON désigne une femme ou plusieurs personnes, le participe s’accorde en genre et en nombre avec le nom que ON éveille dans la pensée.

>< pas d’accord

 

6) De l’eau bénite; un chapelet bénit.

Sous un rameau de buis bénit, un coffre-fort était scellé.

Un peuple béni de Dieu.

Qui a vu le pays basque veut le revoir.

C’est la terre bénie.

Une abbesse bénie.

Soyez béni!

6) BENIT(E) = adjectif en parlant de choses consacrées par une bénédiction rituelle (+- SAINT)

BENI(E) ¹ BENEDICTION RITUELLE

BENI(E) =  BENEDICTION rituelle en parlant de personnes et quand il est pris comme verbe.

=

dè l’ bènite êwe ; on bèni tchapelèt

 

 

on peûpe bèni pau bon Diè.

 

 

 

C’ èst l’ têre bènîye.

 

 

 

7) Attendu son infirmité, il fut exempté de cette charge publique.

Compris sa pension (non compris, y compris), il a tant de revenu par mois.

Rien ne remuait, excepté les flammes.

Ôté deux ou trois chapitres, cet ouvrage est excellent.

Elle ne le comprenait plus, passé certaines limites.

B CAS PARTICULIERS

I ATTENDU, COMPRIS, EXCEPTE, etc.

7) a attendu, compris (non compris, y compris), entendu, excepté, ôté, ouï, passé, supposé, INVARIABLES comme PREPOSITIONS quand ils sont placés devant le nom du pronom.

-

 

8) Il a tant de revenus par mois, sa pension comprise (non comprise, y comprise).

les parties entendues, on débattit les conditions d’un accord.

Les passagers ont tous péri, nous exceptés.

ces deux femmes exceptées.

Deux chapitres ôtés, cet ouvrage serait excellent.

Les témoins ouïs, on passa aux plaidoiries.

La cinquantaine passée, il modéra son genre de vie.

Ces complications supposées, que faudra-t-il faire?

passée la cinquantaine.

Je m’abstiens de lire, passées les premières pages.

 

8) b VARIABLES quand le PARTICIPE est placé après le NOM/PRONOM.

 

N.B. Dans tous cs exemples où l’accord se fait, le mot ETANT est comme sous-jacent devant ce participe.

-

 

Exceptées de la destruction générale, ces maisons restent debout.

Déjà comprises au compte précédent, ces sommes n’ont dû figurer ici.

N.B. Quand il y a simple INVERSIOn, l’acord de ces participes est demandé.

= accord

 

Ritiréye do comêce, èle vind co portant dès mârtchandîjes.

 

 

9) Les feuilles ci-annexées, ci-jointes, ci-incluses.

faites photocopîer les deux lettres ci-jointes.

vous treouverez ci-incluse la copie que vous m’avez demandée.

Ci-incluses, ces pièces vous parviendront sûrement.

II CI-ANNEXE, CI-JOINT, CI-INCLUS

a ces expressions sont VARIABLES quand elles sont considérées comme EPITHETES ou ATTRIBUTS.

-

 

 

10 Je vous envoie ci-annexé / ci-joint / ci-inclus les lettres.

 

10 b) INVARIABLES quand on leur donne la valeur adverbiale (comme dans ci-contre, ci-dessus, ...)

NB : souvent, l’accord dépend de celui qui parle ou qui écrit.

1)    NB L’usage est toutefois constant de laisser INVARIABLES ces expression : en tête de phrase : / SAUF LE CAS Où elles sont là come adjectifs détachés/ : ci-incluses, ces pièces vous parviendront sûrement : CI-JOINT la copie de la lettre.

2) quand, dans le corps de la phrase, elles sont placées devant un nom sans article ni déterminatif démonstratif ou possessif.

 

 

Je vous envoie ci-annexé(es) ci joint(es) / ci-inclus(es) les lettres.

 

-

 

Vous trouverez ci-joint copie de la lettre .

 

-

 

11 conclu(e), exclu(e) MAIS inclus(e), occlus(e), perclus(e), reclus(e)

 

-

 

12 Etant données / donné les circonstancs.

Mises / Mis à part trois fautes d’orthographe, cette copie est bonne.

Finies à jamais leurs soirées.

! ! Fini, les cavalcades, n’est-ce pas ?

III ETANT DONNE, MIS A PART, FINI

12 a) + NOM : (in)variable ;

b) FINI : en tête de certaines phrases, s’acorde avec le sujet qu suit si l’on considère que l’aux. Etre est sous-entendu.

! ! Parfois, selon certains auteurs, FINI se rapporte à CE (ou CELA) sous-jacent : alors, invariable.

-

 

13 a) Les trois mille francs que ce meuble m’a coûté. (question : ce meuble a coûté combien ? (-- quoi))

Ce cheval ne vaut plus la somme qu’il a valu autrefois.

Les trente kilos que ce sac a pesé.

Les quarante minutes que j’ai marché, couru.

Les quatre-vingts ans que cet homme a vécu.

Les vingt ans que ce souverain a régné.

Les huit heures que j’ai dormi.

Les trois heures que la séance a duré.

IV COÛTE, VALU, PESE

13 a) coûté, valu, pesé, marché, couru, vécu, dormi, régné, duré, ... avec un CC de prix, de poids, de valeur, de durée, etc (-- COD) : invariable.

= pas d’accord

 

Lès 3000 francs qui ç’ meûbe-ci m’a costé.

 

b)    Les efforts que ce travail m’a coûtés (= imposés, demandés).

Les honneurs que cette charge m’a valu.

Les marchandises que j’ai pesées.

Les dangers que j’ai courus.

Les belles années que j’ai vécues en Italie.

b) Certains de ces participes sont variables, quand ils sont employés transitivement.

>< pas d’accord

 

14 Cette poire, quand je l’ai eu mangée / eue mangée

14 V PARTICIPE PASSE dans les TEMPS SURCOMPOSES

le dernier participe seul varie.

Ou bien : les 2 participes s’accordent avec le cas qui précède.

>< pas d’accord

 

Ci pwâre-ci, quand djè l’ a ieû mindjî

 

15 J’ai fait tous les efforts que j’ai pu. /sous-entendu : faire/

Il m’a donné les renseignements qu’il avait dit. /s-e. : qu’ils me donnent/

Il a obtenu les résultats qu’il avait cru. /s.-e. : qu’il obtiendait/

15 VI DIT, DÛ, CRU, PU, SU, etc (= voulu, permis, pensé, prévu et autres semblables) : INVARIABLES quand le COD (= INFINITIF ou une proposition à sous-entendre après eux.

= pas d’accord

 

Dj’ a faît tos-l’s-èfôrts qui dj’ a seû.

 

16 Cette étude est moins rebutante que je ne l’avais cru, pensé, imaginé, présumé.

L’étape a été plus longue qu’on ne nous l’avai dit.

! ! Cette maison est plus belle que je ne l’avais imaginé. /cela = qu’elle était belle/

Cette maison (id.) imaginée. /cela = cette maison/

16 VII PARTICIPE PASSE en RAPPORT avec l’L (COD)

invariable si l’  = cela

! ! Parfois L’ = nom : affaire d’interprétation.

= pas d’accord

 

Li tape a stî pus longue qui dj’ l’ aveûve crwèyu.

 

17 Il l’a échappé belle.

Il l’a manqué belle.

Il me l’a baillé belle. (ou bonne)

17 VIII L’ECHAPPER BELLE, LA BAILLER BELLE / BONNE ; LA MANQUER BELLE / BONNE

invariable (< t. du jeu de paume (la =  balle) )

= pas d’accord

 

I l’ a chapé bèle.

 

18 La romance que j’ai entendu que vous chantiez /que2 = la romance/

Les personnes que j’ai averties que je viendrais. / qui = les personnes ; DE QUOI = que je viendrais/

18 IX entre les deux ‘QUE’ ou entre ‘QUE’ et ‘QUI’ :

(2 que) a) invariable si le pronom relatif est objet direct d’un verbe placé après ce participe MAIS accord s’il et objet direct du participe.

b) invariable quand QUE + PP + qui

= pas d’accord

 

Lès djins qu’ dj’ a advêrti qui dj’ vêreûve.

 

19 Cette maison, je l’avais crue toute proche.

Acceptez ces fleurs ; je les aurais voulues plus belles.

Qui les eût cru si pleins de sang ?

Une vie qu’on aurait voulu belle.

19 X PP + attribut d’objet

a)    variable : s’accorde avec le COD si celui-ci précède

b) souvent : les auteurs le laissent invariables.

 

>< pas d’accord

 

Ci maujone-là, djè l’ aveûve crwèyu tot près.

Purdoz cès fleûrs-ci ; djè l’s-aureûve v’lu pus bèles.

 

 

20 La multitude d’oiseaux que j’ai vue.

Un groupe de curieux que j’ai observés un à un.

Le quart de la récolte fut perdu. OU perdue.

20 XI collectif / nom de fraction + PP

variable : s’accorde avec le COLL./NOM de fr. selon que l’esprit est pus particulièrement frappé par l’un ou l’autre.

>< pas d’accord

 

Li quârt dès dinréyes a stî pièrdu.

 

 

 

21 a) Que de difficultés j’ai éprouvées !

Combien de fautes as-tu faites ?

Trop de haine lui fut témoignée.

! ! POSS. : tant de haine fut blâmé.

Trop de patience serait regardé comme une faiblesse.

21 XII. PP et adverbes de quantité (a)

PP en rapport avec LE PEU (b)

a)    accord avec le complément de l’adverbe de quantité

 

 ! ! parfois, l’adverbe de quantité domine dans la pensée et commande l’accord.

>< pas d’accord

 

Combin d’ fautes èst-ce qui v’s-avoz faît ?

 

b)    Le peu de confiance que vous m’avez témoigné m’a ôté le courage.

Le peu de confiance que vous m’avez témoignée m’a rendu le courage.

b) accord ou pas suivant que PEU ou son complément domine dans la pensée.

-

 

 

 

 

22 Voyez ces fleurs, en avez-vous cueilli ?

J’en ai tant vu, des rois !

Des romans, j’en ai beaucoup lu.

Les fleurs, il n’en avait jamais vues.

Des gens comme nous en avons tant connus.

 22 XIII. PP précédé du nom neutre ‘en’.

 

(in)variable : genre et nombre du nom ou du pronom qu’il représente.

>< pas d’accord

 

 

 

Dès romans, dj’ ènn’ a bran.mint lî.

Lès fleûrs, i ‘nn’ aveûve mauy pont vèyu.

 

 

23 Les grandes chaleurs qu’il a fait.

Les orages qu’il y a eu.

Les grosses sommes qu’il a fallu.

Les dommages qu’il en a résulté.

23 XIV. PP des verbes impersonnels : invariable

= pas d’accord

 

24 a) C’est votre père ainsi que votre mère que j’ai invités.

C’est sa bonté autant que sa simplicité qu’on a admirées.

24 XV. PP et antécédents joints par une conjonction de cordination

a)    idée d’addition : accord par les antécédents

>< pas d’accord

 

C’ èst vosse pa èt vosse man qu’ dj’ a invité.

 

b)    C’est son mérite moins que sa naissance qu’on a considéré.

C’est une esquisse plutôt qu’un tableau que vous avez choisie.

b) idée de disjonction : le premier antécédent commande l’accord.

>< pas d’accord

 

 

 

C’ è-st-one èskisse putôt qu’ on tâblau qu’ vos-avoz tchwèsi.

 

25 a) N’est-ce pas le temps ou la mort que les philosophes ont toujours regardés comme les meilleurs remèdes ?

Ce n’est ni l’or ni la grandeur que cet homme a recherchés.

25 XVI. PP et antécédents joints par OU / NI

a) idée d’addition : accord pour les 2 antécédents

>< pas d’accord

 

Est-ce qui ç’ n’èst l’ timp ou l’ mwârt qui lès filosofes ont todi r’waitî come lès mèyeûs r’médes ?

 

b)    C’est son salut ou sa perte qu’il a risquée.

Est-ce la douceur ou la violence que tu as choisie ?

Ce n’est ni Pierre ni Paul qu’on a nommé colonel de ce régiment.

b) idée de disjonction : accord pour le second antécédent

>< pas d’accord

 

Èst-ce qui c’ èst l’ doûceû ou l’ violence qui v’s-avoz tchwèsi ?

 

 

26 a) un des premiers plaisirs que j’ai goûtés.

un des plus beaux arbres que j’aie vus.

Une des plus fortes têtes que l’on ait connues.

26 XVII. PP en rapport avec UN(E) DES, UN(E) DES : voir le sens/intention

a) accord pour l’antécédent pluriel

>< pas d’accord

 

onk dès pus bias-aubes qui dj’ n’ eûche vèyu

 

b)    Une des plus étonnantes négociations qu’il ait conduite.

Un des mouvements les plus beaux que l’Europe ait connu.

! ! (1) C’est un de ceux que vous avez recueillis.

(2) Vous êtes une des femmes les plus intelligentes que j’aie rencontrées.

b)    accord par le nom sg qu’on a dans la pensée

 ! ! 1) un de ceux que /+FEM/ : accord par ceux,celles

 

2) UN(E) DES , UN(E) DE + N / _ + atribut/ : en général : accord par le nom pluriel.

>< pas d’accord

 

one dès pus intèrèssantès nègociâcions qu’ il eûche mwin.né

 

 

 

 

 

Vos-èstoz one dès pus malinès feumes qui dj’ a mauy rèscontré.

 

 

 

 

 

27 a) Les violonistes que j’ai entendus jouer.

Les marins que j’ai vus partir.

Ces brebis, tu les as menées brouter.

27 PP. + INFINITIF

a) accord si le pronom objet direct qui précède se rapporte au participe

>< pas d’accord

 

lès violonisses qui dj’ a oyu djouwer

 

 

 

b)    Les airs que j’ai entendu jouer.

Les marins que j’ai entendu jouer.

Les brebis qu’on a mené égorger.

! ! 1 Je les ai fait combattre.

Cette femme s’est fait peindre.

Les soupçons qu’il a fait naître.

2 des tournures qu’on a dit fautives.

 

 

 

3 Le comète que j’ai eu à décrire, qu’on m’a donné à décrire.

La somme que vous m’avez donné à recueillir, que vous m’avez laissé à payer.

Les ennemis que j’ai eus à combattre.

-- ................................. eu .......................

Les épreuves que nous avons eu(es) à subir.

Les factures qu’il a laiss(es) à payer.

Les devoirs qu’on m’a donné(s) à faire.

b)    invariable si le pronom OD qui précède se rapporte à l’infinitif

! ! 1 FAIT + INF : invariable

 

 

 

 

 

 

 

 

2 parfois, participes marquant opinion / déclaration + INF : invariables, l’infinitif étant l’élément essentiel de leur objet direct

3 eu, donné, laissé  + à + INF

a)    invariable car le pronom OD se rapporte clairement à l’infinitif

 

 

 

b)  en général : (in)variable

 

= pas d’accord

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-

 

 

 

 

-

 

28  a) Elles se sont cachées.

Ils se sont combattus.

Les pénitences qu’ils se sont imposées.

28 PP. Des verbes pronominaux

a)    réfléchis / réciproques :

accord avec le pronom OD si celui-ci précède

>< pas d’accord

 

Èles s’ ont catchî.

 

« Il ont soûrdou si hôt

qu’ is s’ont hîrtché j’qu’ â front » (Chastelet Lisa, Roter d’zos lès steûles, SLLW 1990, p.25)

 

b)    La bataille s’est livrée ici.

Les blés se sont bien vendus.

b) pronominaux passifs : accord avec le sujet

>< pas d’accord

 

Lès grins s’ont bin vindu.

 

 

c)    Ils se sont enfuis.

Elles se sont aperçues de leur erreur.

Elles se sont évanouiues.

c) pronominaux dont le pronom n’est ni COD ni COI.

>< pas d’accord

 

Is s’ ont aporçû d’ leû-z-èreûr.

 

d)    Elle s’est sentie mourir.

Elle s’est senti piquer par un moustique.

d) remarque 1: PP. d’un verbe pronominal + INF, voir XVIII

>< pas d’accord

 

Èle s’ a sintu moru.

 

e)    Cosette s’était toujours crue laide.

Les Goncourt se sont faits l’écho de certaines de ses confidences.

e) rem.2 : PP d’un verbe pronominal + attribut du pronom réfléchi : (en gén.) accord avec ce pronoom réfléchi

>< pas d’accord

 

Cosette s’ aveûve todi crwèyu laîde.

 

f) Elles se sont fait fort d’obtenir ces avantages. 

f) dans la locution figée ‘se faire fort de’, aux temps composés, le participe FAIT (et FORT) : invariables

-

 

g) Elles se sont persuadé(es), elles se sont assuré(es) que l’occasion était bonne.

g) rem.3 : se persuader que, s’assurer que (= être certain) : accord facultatif

-

 

h)    SE CONVENIR        SE MENTIR

SE NUIRE       SE RESSEMBLER

S’ENTRENUIRE   SE SOURIRE

SE PARLER (parler à soi)  SE RIRE

SE PLAIRE (plaire à soi)  SE SUCCEDER

SE DEPLAIRE (plaire à soi)  SE SURVIVRE

SE COMPLAIRE    S’EN VOULOIR

 

1 Ces personnes se sont nui.

2 Ils se sont plu l’un à l’autre.

3 Les générations qui se sont succédé.

4 Ces deux soeurs se sont toujours ressemblé. 

h) rem.4 : PP invariable avec verbes sans jamais de COD.

= pas d’accord

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Is s’ ènn’ ont v’lu. (Ils s’en sont voulu.)

 

 

 

 

 

 

Cès deûx soûs-là s’ont todi r’choné.

 

i) (p.36)

i) rem.5 : PP variable avec des verbes essentiellement pronominaux ( ! ! s’arroger)

-

20:04 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Conclusion

Conclusion :

F

W

règles générales

6 cas

5 cas

cas particuliers

-

19 cas

16 cas

= 42 solutions

= 2 solutions

 

 

TOTAL

 

25 cas

21 cas

48 solutions

7 solutions (ou 3 ou 2)

 

= 2 solutions

 

awè + PP (invariable)

 

èsse + PP (variable)

20:03 Écrit par justitia & veritas dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |